Revue RADIAL

RADIAL est la revue de recherche de l’École supérieure d’art et design du Havre-Rouen (ESADHAR), de l’École nationale supérieure d’architecture de Normandie et de l’ésam Caen/Cherbourg.

Revue commune aux écoles de la création de la région Normandie, Radial se veut un espace transdisciplinaire et transversal de réflexion et d’analyse sur des enjeux communs aux différents champs de recherches portés par les établissements.

Chaque numéro est construit autour d’un numéro thématique.

"L’image sans qualités", numéro 2, 2020

  • Tania Vladova, "L’image sans qualités. Éditorial", p. 7-14 ;
  • Théma "L’image sans qualités"
    • Nora Labo, "Par-delà la beauté. Éthique du non-visible dans la photographie écologique de Jean Massart", p. 15-51 ;
    • Maddalena Parise, "Images mises en scène", p. 52-73 :
    • Jacques Leenhardt, "L’image sans qualité et ses usages", p. 74-95 ;
    • Diane Watteau, Mitraillage à la Kalachnikov dans le Noir Arctique", p. 96-109 ;
    • Emmanuel Zwenger, "Des images de plomb dans un fleuve de papier. Évidence et opacité de l’iconotexte sébaldien", p. 110-128 ;
    • Bérénice Serra, "Les qualités diffuses des ’images sans qualités’", p. 130-146 ;
    • Jean-Noël Lafargue, "Écrans sans qualités", p. 148-162 ;
    • Pravdoliub Ivanov, "De l’image tu es venu et à l’image tu retourneras", p. 164-184 ;
    • EDITH, antoine lefebvre éditions & Laura Morsch-Kihn, "Retour sur Copie Machine. zone de Reprographie Temporaire", p. 186-205 ;
  • Varia
    • Arnaud François, "L’oubli de l’espace", p. 210-230 :
    • Laurent Buffet, "’Critique sociale" versus ’Critique artiste’ : une fiction sociologique", p. 232-246 ;
    • Michal Kozlowski, "Le chantier d’image et ses ouvriers - le regard de l’Est", p. 248-258 ;
    • Jean-Louis Vincendeau, "’Chemin des occasions’ : Précisions sur le Cabinet des écarts singuliers. Donner lieu, donner sens", p. 260-266 ;
    • Bachir Soussi Chiadmi, "De la convivialité des espaces discrets", p. 268-275 ;
    • Colette Hyvrard, "Georges Adéagbo, invité du LABO VOIR", p. 276-285 ;
    • Stephan Köhler, "Des assemblages comme un laboratoire de rencontres entre choses, textes et images", p. 286-293.

« Comme pour tous les « post » – et pour la plupart des « ism » avant eux – le préfixe « post » accolé à Internet est inadéquat. Mais il n’en demeure pas moins qu’il renvoie à une situation culturelle actuelle. On pourrait dire que le post-Internet désigne le moment où Internet fait partie de notre existence au point qu’il ne paraît plus être quelque chose d’exceptionnel. Ici, Internet n’est plus envisagé dans sa pure composante technologique mais il englobe les usages de cette technologie : partage de fichiers, d’images, d’informations, lieux de sociabilité et/ou de pouvoir, manière d’envisager et de s’accaparer des œuvres (des arts « traditionnels » jusqu’aux séries télévisées), outil de création, etc. Pour le dire autrement, le post-Internet désignerait l’époque où utiliser le Net devient aussi banal que jadis utiliser un crayon, un moment où « les nouvelles technologies » sont débarrassées de leur aspect a priori technologique. Cet usage d’Internet a largement modifié notre usage du monde. Comme l’affirme l’artiste Grégory Chatonsky : « Avec l’ontologie du réseau, nous sortons (enfin) des théories immatérialistes du digital : pendant longtemps, Internet a été considéré comme une forme de contre-monde, de monde imaginaire, de monde dégradé parce que factice. On l’opposait à la « vraie réalité » selon une logique de l’adéquation entre la réalité et la vérité. Or, l’influence d’Internet sur la production des phénomènes, sur les événements et sur nos perceptions rend cet immaté-rialisme caduc. » Ainsi Internet a rendu plurielle notre approche de ce qui nous entoure, si bien que pour beaucoup la question du rapport au « réel » — si tant est qu’on puisse élaborer une ontologie du « réel » — se complexifie. Ce (nouveau) paradigme post-Internet a bien évidemment eu des conséquences sur la création. Plasticiens, musiciens, romanciers, chorégraphes, etc. L’ensemble de la création contemporaine s’est emparé de cet imaginaire et de ses usages. C’est de cela qu’entend parler le premier numéro de la revue Radial. »
  • Maxence Alcade, "Intro", p. 13-16 ;
  • Théma "En finir avec le post-internet"
    • p. 19-36 ;
      « Ce texte est la reprise d’une publication postée sur chatonsky.net en 2015. Son objet ne sera pas de poursuivre la critique de la légitimité du concept, parce que ce débat arrive d’une certaine manière trop tard : l’affaire est déjà jouée. La notion de post-digital répond à un enjeu pragmatique et descriptif qui permet de désigner une tendance ayant eu lieu entre 2005 et 2015. Ce tournant doit être mis en relief au regard d’un contexte culturel étendu qui a vu une multiplication des propositions, comme par exemple dans le domaine théorique : réalisme spéculatif, accélérationnisme, ontologie orientée objet, nouveau matérialisme, néo-rationalisme, anthropocène, etc. Autant de mots-clés qui à force d’être répétés peuvent provoquer de la défiance, et dont le post-digital serait pour ainsi dire le versant esthétique. »

    • p. 37-44 ;
      « Jacques Perconte revient sur son parcours ainsi que sur la manière dont il envisage son travail. À travers cet entretien mené par Garam Choi, l’artiste montre que les liens entre l’art et l’ordinateur se sont construits tout au long de son parcours et de ses rencontres. L’artiste interroge alors la porosité des frontières entre des pratiques identifiées à l’art contemporain et d’autres venues d’ailleurs. Il met ainsi en évidence la difficulté de circonscrire une pratique à un champ particulier et restreint alors que son contexte est toujours pluriel. »

    • , p. 45-60 ;
      « Comment les artistes contemporains envisagent-ils la « tromperie » dans leurs interventions dans l’espace public (de la rue à Internet) ? A travers l’analyse de performances de Santiago Sierra, Gianni Motti, The Yes Men, Christoph Schlingensief ou 01001011101011.org, Laura Partin envisage la tromperie sous l’angle de la stratégie et de la métis afin de discerner la manière dont s’organisent les rapports de force sur la scène médiatique contemporaine. Quelles conséquences ont ces performances dans la réalité immédiate ? Comment ces artistes s’y prennent-ils (les fausses identités, parodies de sites Internet, diffusion de fausses informations, etc.) pour déjouer les attentes des publics et « tromper » leur crédulité ? »

    • , p. 61-86 ;
      « Le duo d’artistes Emilie Brout et Maxime Marion fait partie de la génération de ce que l’on a coutume de nommer les digital natives. Leurs œuvres parlent du rapport complexe que nous entretenons avec les technologies connectées ; à plus forte raison lorsque ces dernières sont chargées de nous surveiller et/ou de nous proposer des postures de vie. Dans leur entretien avec Maxence Alcalde, ils reviennent sur leur parcours et les questionnements qui les portent à manipuler les technologies pour manipuler le réel. »

    • , p. 87-100 ;
      « Stéphane Trois Carrés propose un texte en forme de réflexion en cours sur l’histoire de l’image, ou plus exactement sur ce qui fait de nous d’invétérés iconodules. Pour ce faire, il montre notamment comment l’acheiropoièse – qui fut le concept primitif justifiant l’emploi des images – revient par le biais des automatismes numériques. »

  • Varia
    • , p. 103-112 ;
      « Guillaume Sørensen dresse le portrait de la bicyclette dans la ville du Havre, tour à tour objet d’art en mouvement, objectif militant, support pédagogique ou point de départ de voyages odysséens et de réflexions météorologiques. »

    • , p. 113-122 ;
      « Dans ce texte écrit à l’occasion d’Une Saison graphique 2014, Yann Owens revient sur une expérience autour de la typographie menée par la graphiste Fanette Mellier. Yann Owens y traite notamment de la manière dont il est envisageable d’exposer de la typographie. »

    • , p. 123-132 ;
      « L’art, on ne sait pas très bien ce que c’est. Tout le monde se saisit de la question mais personne ne parvient réellement à le définir. Il est l’idée de son idée, au point de faire exister le non-art comme figure du néant de l’art. L’art n’a pas besoin d’œuvres pour exister, il existe en dehors des productions qui s’y rattachent. L’appréciation de ce qui serait ou non de l’art s’en trouve bien perturbée, et c’est cette incertitude qui est captivante. Par ailleurs, l’esthétisation généralisée de notre environnement sensible – ce qui pourrait bien constituer le design intégral de notre milieu – organise avec nuance les discriminations nécessaires au maintien des prérogatives des groupes sociaux et de leurs représentations. Le rapprochement entre des domaines aussi éloignés que l’art et l’économie politique est l’occasion de s’aventurer dans l’héritage symbolique difficile à assumer du sacré. L’articulation entre ces deux domaines est peut-être à cet endroit de la prégnance, de la valeur et de la dette. »

  Radial, revue de recherche artistique, numéro 3, "L'image sans qualités" (photo Clément Castot)
  Radial, revue de recherche artistique, numéro 3, "L'image sans qualités" (photo Clément Castot)
  Radial, revue de recherche artistique, numéro 3, "L'image sans qualités" (photo Clément Castot)
  Radial, revue de recherche artistique, numéro 3, "L'image sans qualités" (photo Clément Castot)
  Radial, revue de recherche artistique, numéro 3, "L'image sans qualités" (photo Clément Castot)
  Radial, revue de recherche artistique, numéro 3, "L'image sans qualités" (photo Clément Castot)
  Radial, revue de recherche artistique, numéro 3, "L'image sans qualités" (photo Clément Castot)