Qui se cache derrière cette main ?
J’ai des lunettes, une moustache, un crâne chauve. Je porte une cravate...
Je suis … Saul Steinberg.
Je suis un artiste américain d’origine roumaine, né en 1914 et mort en 1999. J’ai illustré pendant plus de 60 ans des pages et couvertures du New Yorker. "Vous dessinez comme un roi", m’a écrit un jour Le Corbusier. Je ne sais pas trop ce que cela veut dire, dessiner comme un roi. Et vous, vous savez ? Moi, je me définis comme un écrivain qui dessine... Comme un calligraphe des temps modernes, j’aime combiner le mot et l’image pour exalter, titiller, amuser le regard et l’esprit du public.
Voici quelques pistes à explorer, du plus bel au plus jeune âge : je vous propose, de dessiner comme le roi, comme un roi ou une reine, à votre tour.
Inspirez-vous de ce trait incisif et inventif, pour explorer votre propre ligne, votre écriture. Steinberg, lui même disait qu’il était plus commode d’inventer, c’est moins fatiguant que d’imiter !
1°) Dessinez un portrait de famille, ou une grosse fête avec plein d’amis, (dans un dessin, pas d’obligation de porter un masque, de respecter les gestes barrières !). Chaque personnage sera réalisé avec une technique et des crayons différents. Quelle technique correspond le mieux à telle ou telle personnalité ? Quel crayon pour papy, la petite sœur, le chien ou le voisin ?
2°) Comme Saul, quand j’étais petite, j’adorais tracer une seule ligne sur une feuille blanche en faisant faire des arabesques à la main jusqu’à ce que la page soit remplie. Ensuite on peut s’amuser à faire apparaître des dessins, des lettres, en coloriant certaines parties, rajoutant ou épaississant quelques traits... Vous pouvez essayer de lâcher le crayon et la feuille et dessiner dans les airs avec la lumière comme Picasso (voir technique du lightpainting).
3°) Voyez grand. Changez de support, de lieu, d’échelle... Dessinez avec les objets. Prenez des photos de vos installations éphémères (ou non !).
4°) Dessinez de part et d’autre d’une ligne. Regardez la vidéo qui fait défiler la ligne de The Line, soit 4 planches de 10 mètres de long chacune. Une ligne qui tour à tour devient ligne d’horizon, de sol, fil à linge, bord de table ou de trottoir...
5°) Georges Perec s’est inspiré de ce dessin de Saul pour écrire La vie, mode d’emploi. À votre tour, imaginez la vie d’un immeuble ou d’une maison, pièce par pièce, étage par étage, en ôtant la façade, l’intimité des intérieurs devient visible.
Souvent Steinberg joue avec la perspective et l’architecture, son premier métier.
À vous les villes fantômes ou drôlement peuplées...
...les drôles de perspectives comme les perspectives accélérées (on l’on voit la Chine depuis la 9e avenue de New York).
6°) Masquez-vous !
Pour Steinberg, chacun porte un masque, réel ou métaphorique. Regardez les photographies d’Inge Morath mettant en scène les nombreux masques de Saul. Utilisez à votre tour, un sac en papier ou feuille de Kraft ou morceau de carton. Tracez les yeux, le nez, la bouche de votre masque en cherchant un jeu de graphisme simple. Il existe des multitudes de possibilités... Vous pouvez faire un portrait en pied comme dans les photos du film en incarnant votre personnage. Le masque permet tout, de changer d’humeur, d’âge et de genre...
Et attention, un Saul Steinberg peut en cacher un autre ! Qui se cachera derrière le vôtre ?
Pour terminer, voici un dernier dessin laissant apparaître le mur d’images de l’atelier de Saul. Reconnaissez-vous les images références ? Et vous, quelles sont les images de votre mur ? Sur le mien, il y a une ou deux images de Saul Steinberg...
N’hésitez pas à en voir plus sur le site internet de la Fondation Saul Steinberg en cliquant sur « search artworks ».
