Séance #2

Retrouvez ci-dessous les synopsis des films en compétition qui seront projetés le jeudi 20 janvier 2022 à 19h30 au Café des images dans le cadre du festival SI CINEMA.

NB : Pour assister à cette séance, merci de réserver votre place (gratuite, sur présentation du pass sanitaire) sur le site du Café des images.

La quasi-maîtrise des émotions (2021, 14min23)
de Mathieu Sauvat
Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
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C’est un type qui essaye de contrôler sa propre machine, celle de son coeur qui prend la forme d’un vaisseau spatial. Il n’est pas bien loin dans l’espace. Il suit à la lettre le mode d’emploi de ses émotions, cherchant la maîtrise, ou au moins la quasi-maîtrise de lui même. Cette histoire s’articule autour de leçons qui prennent chacune la forme d’histoires très personnelles au personnage, mais aucune ne semble vraiment efficace face aux turbulences que subit la machine.

Si c’est pas toi ce sera une autre, ou si c’est pas toi ce sera un autre (2020, 18min54)
de Lou Cohen
HEAD - Haute Ecole d’Art et de Design de Genève
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Reflétant les modalités “d’insertion” dans le marché du travail et plus largement dans la société néolibérale, les dialogues de Si ce n’est toi ça sera une autre ou Si ce n’est toi ça sera un autre semblent animés par l’idée que “personne n’est irremplaçable”. Les conseils donnés par les agent·e·s d’intérim portent sur le lissage des apparences et du langage, comme au- tant de méthodes pour saper l’individuation, désingulariser tout un chacun. Ainsi le rythme effréné des entretiens repose principalement sur leurs interférences intempestives visant à couper la parole dès les premiers balbutiements afin de mieux déverbaliser leurs interlocuteur·rice·s.

Balaclava (2021, 7min03)
de Youri Orekhoff
Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre - Bruxelles
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Un genre de soirée pyjama illégale, un cambriolage maladroit, deux meilleures amies et des ongles pointus.

À cause des conditions extrêmes (2021, 22min45)
de Dune Delhomme
Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
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Différentes silhouettes de femmes, en ombres chinoises, viennent successivement prendre la parole. Discours intimes ou publics dans lesquels chaque personnage se met en scène lui-même, dans sa vie quotidienne ou ses fantasmes. En incarnant successivement tous ces personnages, j’ai voulu revenir à un principe d’image très simple, dense, expressif et enfantin : jouer à regarder l’ombre de son corps sur un mur. C’est une façon de se mettre en scène qui m’intéresse, car elle me paraît à la fois intime, pleine d’étrangeté, satisfaisante narcissiquement, et libératrice. Ici, chaque ombre devient une sorte de figure symbolique aux contours nets, un emblème de personnage - elle laisse la place à la densité des textes qui ont tous une structure complexe ; ils sont pleins de ruptures de tons, de changements de rythmes, de contrastes. En effet, mes personnages mélangent avidement et intensément tous les registres : ils paraissent à la fois tragiques, ridicules, autoritaires ou au contraire fiévreux, déchirants. Il m’importe que tous les modes d’expression et de pensée cohabitent à valeur égale - les raisonnements intimes incohérents comme les remarques quotidiennes, les fantasmes comme le savoir théorique, les déclarations d’amour comme les discours politiques. Le titre À cause des conditions extrêmes est à prendre avec ironie, ou au contraire au premier degré le plus total. Les personnages que j’incarne ici mènent une vie plutôt banale et confortable, et pourtant ils ont tous le sentiment de vivre des situations cataclysmiques : le plus petit drame quotidien devient prétexte à l’élaboration d’une stratégie de « survie » ou d’une fausse théorie ; ils ont tous « un sens du drame anormalement développé », et se bercent même de leurs propres paroles pour faire monter de force en eux les émotions, pour s’auto-émouvoir.

IRVL (2021, 6min54)
d’Elsa Muller
Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon
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Quatre récits réalisés pour documenter et archiver certaines interactions sociales déroutantes observées lors de ces trois dernières années. La narration se construit autour d’un schéma scénique d’attente, ponctué de courtes phrases sans intérêts. Ainsi placé.es dans une attitude expectative, seul reste le désappointement d’avoir perdu son temps. (PNJ : Initiales de personnage non-joueur, calque de l’anglais NPC non player-character).

Capsules/Portraits (2020, 4min49)
de Jules Bourbon
Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
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Dans cette vidéo, je tente de produire une écriture collée au réel et en dialogue avec mon « espace du dedans ». L’écriture comme une caméra subjective afin de produire différents portraits… Percer par la poésie la singularité que je perçois dans le banal et l’exceptionnel. Que les vidéos soient des points de perception du réel qui est à la fois violent, touchant, sale et splendide. J’ai une espèce de tendresse caustique pour le monde qui m’entoure. Je suis fasciné par sa part immonde et profondément belle à la fois. J’appréhende le langage par l’oralité à travers le médium de la vidéo qui m’apparaît comme une possibilité d’appréhension du texte. Je considère la poésie comme une nécessité afin d’exprimer un langage qui m’est propre. J’ai toujours été intéressé par une écriture qui relève de l’intime, puiser en soi pour approcher un langage singulier. À force de regarder, de questionner… des images m’apparaissent et les mots se crachent les uns après les autres… regarder autour de moi comme un hébété.

Baila Maria ! (2020, 21min46)
d’Emma Tholot
Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs - Paris
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Maria a huit ans et elle grandit à Ibiza, un territoire insulaire, ambigu et sacré. Elle prépare un ballet pour sa famille, qui se tiendra un lendemain de pleine lune. Il y avait quarante ans qu’aucun enfant n’était né à S’Estanyol, terre paysanne située à côté du village Jesùs, au sud-est de l’île.

Corps mort (2021, 11min30)
de Manon Gignoux
Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
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Réalisé après le décès de Mibo, dans cet interstice particulier situé entre l’enterrement et l’inventaire avant dispersion, Mireille est une « rêverie » post-mortem dans la cuisine de Mibo. L’artiste expérimente les lieux qui se vident, s’y déplace chargée d’un corps inerte entravant ses gestes quotidiens : lire le journal, s’asseoir, boire du thé. Au terme de la vidéo, ce « poids mort » a disparu. La petite‐fille peut alors nous regarder dans les yeux, épuisée, et quitter cette cuisine dont le souvenir sera conservé par ce portrait vidéo, à la fois chargé d’affects et irrévérencieux.

  A cause des conditions extrêmes - Dune Delhomme
  La quasi-maîtrise des émotions - Mathieu Sauvat
  Si c'est pas toi ce sera une autre, ou si c'est pas toi ce sera un autre - Lou Cohen
  Balaclava - Youri Orekhoff
  IRVL - Elsa Muller
  Corps Mort - Manon Gignoux
  "¡Baila Maria !" d'Emma Tholot / Prix du Centre Pompidou
  Capsules / Portraits - Jules Bourbon